dimanche 7 mars 2010

OS POMERANOS, LES HÉRITIERS DE LA CULTURE POMÉRANIENNE

À beaucoup d'habitants actuels de Poméranie il peut sembler que la culture manifesté dans sa langue, folklore et traditions historiques de la région, a cessé d'exister il y a longtemps. Les uns indiqueraient qu'il s'est produit au début du XVème siècle, quand la langue slave a disparu là. Les autres maintiendraient que la culture appartient au passé puisque les indigènes ont été expulsés et dispersés après 1945. La plupart d'entre nous sera probablement encline à croire que la culture vivante de la région n'a pas survécu. Eh bien, pas du tout! La civilisation demeure parmi une communauté des descendants poméraniens la plus grande au monde, qui se trouve au Brésil méridional. Ils se nommaient Os Pomeranos. Que la danse Cracovienne, exécutée par les Pomeranos brésiliens en soit une introduction au présent feuilleton:

video

Actuellement les Pomeranos représentent au Brésil une communauté d'environ trois-cent milles d'habitants. Ils furent arrivés de la Poméranie natale au XIXème siècle et se furent installés dans les trois états méridionales du pays: Espirito Santo, Rio Grande do Sul et Santa Catarina.

À ces temps de grandes émigrations des régions les plus pauvres de l'Europe, surtout d'Irlande, de la Poméranie et de la Galicie autrichienne, les gens quittaient leur patrie à la recherche de " la terre promise" dans les autres parties du monde. Les Poméraniens eurent été poussés à l'émigration non seulement par la pauvreté mais également par la politique sociale sévère, au début de Frédéric Guillaume III, le roi de la Prusse, et puis d'Otto von Bismarck. Le premier a interdit pratiquer la religion luthérienne, la confession dominante en Poméranie. L'autre, surnommé "Le Chancelier de fer" qui, d'ailleurs, a eu pour conjoint Johanna von Puttkamer, issue de la vieille, noble famille poméranienne d'origines slaves, et quelle il a beaucoup respectée; d'un côté il a abouti l'unification de l'Allemagne et la croissance économique du pays, et d'une part, il persécutait les minorités et la culture non allemande.

Les États-Unis et l'Australie étaient à cette époque-là une destination principale pour les artisans et les ouvriers des villes poméraniennes, qui étaient un peu moins misérables que les habitants désespérément pauvres des villages et des domaines des junkers. Dans cette période environ trois ou quatre cents personnes ont émigré de la ville de Massovie et de ses voisinages aux États-Unis. La plupart s'est installée dans l'état de Wisconsin, où pendant 150 ans qu'ils suivaient, ils s'étaient complètement assimilés dans la société américaine et ils ont même perdu l'identité de la culture poméranienne, vis-à-vis allemande.

Les Poméraniens les plus pauvres n'ont eu aucun but de la terre et aucune maison. Ils ont été abrités sous le toit du ferme d'un junker, en échange pour leur travail rendu dans le domaine. Ils, comme beaucoup de personnes du district de Naugard (Nowogard), ont souvent choisi le Brésil pour l'émigration, car le Roi Pedro II a offert aux immigrés un voyage libre de bateau, une parcelle libre (à déboiser) et un prêt en espèces, sous forme d'animaux de ferme et du grain. Ils sont arrivés au Brésil avec des petites affaires et ont été données l'endroit au cœur de la forêt, loin des routes et d'autres bourgades. Ils ont commencé à bâtir leur deuxième patrie. L'isolement du monde extérieur a renforcé leurs liens sociales internes et leur volonté pour survivre. Les premières maisons de style poméranien ont été édifiées et la première église à colombage, sans aucune brique, a été construite. Aujourd'hui il y a beaucoup de blogs des Pomeranos sur l'Internet, qui écrivent leur histoire et culture. Voici une des photos de là, les archives d'Ursula Dettmann:


La langue contemporaine poméranienne, appelée Pommersche Platt, est un dialecte de la langue Bas-Allemande (Plattdüütsch) qui a été un peu influencée par le néerlandais. Elle est très différente du poméranien ancien, qui était une langue slave et qui disparu au début du XVème siècle. Je ne sais pas si des traces slaves du vieux-poméranien étaient préservés dans la langue actuelle des Pomeranos. Selon l'opinion des historiens et des linguistes la langue éteinte des Slaves poméraniens pourrait avoir été étroitement liée à la langue des Slaves polabiens. Dans le livre « The Biblical Repository » (Tome 4, 1834) Edouard Robinson mentionne que la dernière messe connue célébrée dans la langue polabienne a eu lieu à Wustrow, appelé également Wendland (40 kilomètres à l'ouest de Wittenberge sur Elbe) en 1751.

Selon de l'étude « Slawische Orts- und Gewässernamen in Deutschland », par Oswald Jannermann (2009), il y a environ mille noms géographiques (villes, villages, fleuves, lacs, terrains) dans Allemagne contemporaine d'origines slaves. Ils finissent habituellement sur - itz, - enz, - ik, - in et - ow, par exemple Berlin, Leipzig (autrefois Leipzik). Il est intéressant de voir à quel point certaines langues slaves sont en relation mutuelle, si on prendre en compte des vocals nasaux. Ces derniers sont présents dans le polonais, le polabien et dans le vieux-poméranien, et sont complètement absents dans le russe et le lusatien. Par exemple, le mot « le pré» signifie (la) łąka dans le polonais, (la) lonka ou (la) lanka dans le polabien, mais (la) luka dans le russe et (la) luk ou (la) luckau dans le lusatien.

La langue poméranienne contemporaine (d'origine allemande) a été introduite en 2005 comme un sujet aux enfants des Pomeranos dans cinq écoles primaires à l'état Espírito Santo Un an après, prof. Ismael Tressmann, ethnographe, linguiste et autorité intellectuelle des Pomeranos, a publié le dictionnaire poméranien-portugais : « Pomerisch - Portugíísisch Wöirbauk », contenant environ 15 mille mots et expressions.


Le chercheur remarquable de la culture de Poméranie, indigène Klaus Granzow, pendant sa visite chez les Pomeranos en 1975 avait remarqué qu'ils n'ont pas su le mot poméranien Kauke, qui signifie un gâteau. Au lieu de cela, ils ont employé le mot allemand Kuchen. Il a conclu alors que le mot original poméranien a été abandonné et oublié, parce qu'en raison de leur pauvreté les Pomeranos n'ont pas mangé des gâteaux dans la suite de quelques générations depuis leur arrivée au Brésil il y a 150 ans. Je pense pourtant qu'il est tout à fait possible que même les premiers immigrés de la Poméranie au Brésil n'ont pas déjà connu le mot "gâteaux" dans leur langue maternelle parce que, étant des fermiers dépossédés de leurs propres terres cultivables, ils étaient au cours des âges une classe sociale la plus pauvre en Poméranie. Il est probable que les Pomeranos soient les descendants des Slaves poméraniens, et ils sont ainsi les héritiers de la culture poméranienne, sans se soucier combien elle s'est changée tout au long des âges.

Les Pomeranos se sont rapportés à leur racines slaves, mais également germaniques, tquand ils ont motivé le projet de loi du parlement d'état du Rio Grande do Sul, qui a résolu en 2007, dans le 150ème anniversaire de leur arrivée au Brésil, que le 18ème janvier serait dans l'état un Fête de Poméranie. À l'émission en portugais du 6.09.2004, concernant des traces allemandes dans l'état d'Espirito Santo, le radio Deutsche Welle a informé que " La province prussienne de Poméranie a préservé son identité culturelle particulière, en dépit des tentatives diverses d'être dominé de la part des Danois, Suédois et Allemands".

Tandis que la colonisation allemande du Duché de Poméranie en haute moyen âge suivra la christianisation, des Slaves indigènes qui ne sont pas assimilés à la nouvelle religion, et puis après à la culture et organisation sociale, et ça concerna plus souvent des personnes les plus pauvres, eurent un accès à l'éducation et à l'activité artisanale très obstrué. Ils furent obligés , légalement ou économiquement, de quitter des villes et de s'installer dans les villages. Ces Slaves natifs formèrent une part essentielle de la classe rurale, la troisième et la plus bas couche de la société féodale. Au cours des âges ils sont devenus de plus en plus appauvris, en faveur des latifundia enrichissants, qui appartinrent à la noblesse poméranienne, adoptante facilement la culture allemande, et aux colons allemands et à l'église catholique.

Il vaut indiquer que une accroissement de l'écart dans la stratification sociale et de la puissance économique et politique de la noblesse était un processus caractéristique à l'époque féodale dans tous les pays européens. De la perspective historique on peut clairement voir qu'entouré par des voisins plus forts, le Duché de Poméranie, face aux menaces à sa souveraineté alternantes du Danemark, de la Suède, de la Pologne ou bien de l'Allemagne, fut contraint de chercher une alliance avec l'un d'entre ces pays, afin de se protéger contre les autres. Le caractère slave de la Pologne et de la Poméranie apparemment sembla d'être un lien trop faible et trop lâche, via-à-vis du potentiel de christianisme introduit dans la Poméranie par les Allemands.

La religion provoqua non seulement l'expulsion de la langue slave ou païenne (comme elle fut considéré à cette époque-là) et sa remplacement par allemand, mais ça contribua décidément à la croissance économique de l'état poméranien. On devrait également se rappeler que quand la Pologne de la dynastie de Piast a inclus Poméranie dans ses territoires, ça n'a pas sorti d'un accord commun de deux états slaves mais c'était une conséquence des conquêtes répétées précédentes de la terre poméranienne par la Pologne. Il était exactement pendant le règne du Roi polonais Ladislas Herman, quand en 1092 son armée sous la commande de Sieciech envahit et ravagea le château de Massovie (Massow) , aussi bien que les châteaux de Pyrzyce (Pyritz), Stargard, Bialogard (Belgard) et Kamien (Cammin). Le château massovien probablement ne fut puis après jamais reconstruit.


La culture poméranienne se fut développé aussi bien des racines slaves que des allemandes. Et le même, comme un homme dont le caractère est soumis à certaine évolution pendant sa vie, une communauté locale ou bien toute la nation évoluent pendant leur histoire au cours des âges. L'acquis culturel de Poméranie est également le résultat des changements dans l'histoire à sa langue, aux coutumes et même à sa religion. Ce qui ne fut pas changé, comme à des autres communautés locales, est un sens d'identité avec la patrie, avec sa nature et climat, et avec le rythme de la vie commun avec des compatriotes. Les Pomeranos contemporains, malgré des énormes restrictions et obstacles qu'ils rencontrent sur leur chemin dans les 150 dernières années, sauvegardèrent la culture de leurs ancêtres. Nous pouvons prendre pour eux beaucoup d'admiration de ce réussit. J'écrirai au sujet de ces obstacles et risques et au sujet de la culture elle-même, par une autre occasion. Ça certainement vaut !

samedi 30 janvier 2010

LES ORIGINES TURBULENTES DU CONTINENT EUROPEEN

Le fusionnement d'Avalonia avec Baltica et Laurentia il y a 440 millions d'années a commencé un processus, durant encore 150 millions d’années, de formation du continent européen comme partie du super-continent nouveau-né, Pangée. Au début, par suite d'accrétion, des cordillères ont commencé à émerger le long de la zone de suture (comme les géologues l'appellent) entre les trois plaques tectoniques.

La formation des montagnes (orogenèse) a été accompagnée d'une activité volcanique et magmatique forte, comme reflété dans le diagramme reproduit ci-dessous. Il vaut la peine de dire que l'enfoncement d'une plaque tectonique sous une autre plaque provoque non seulement la formation des montagnes (orogenèse) et le volcanisme, mais il pousse aussi la deuxième plaque vers l'arrière. Cependant la plaque supérieure recule à une vitesse beaucoup plus lente que celle de la plaque qui lui plonge dessous. Un tel processus, appelé subduction, détermine la dérive actuelle du continent nord-américain à l’écart de l'Europe. L’orogenèse dite Calédonienne a duré jusqu'à la fin du Silurien et s’est arrêtée il y a environ 415 millions d’années.


Dans la période depuis le début du Silurien, en passant par le Dévonien et le Carbonifère, jusqu'au Permien (il y a 440-280 millions d’années) des nouveaux terrains et des blocs tectoniques rejoignaient la partie européenne de Pangée, jusqu'à ce que l'Europe ait pris plus ou moins la forme actuelle. La partie tectonique primaire, la plus autonome et la plus grande s'appelle le Craton est-européen (CEE) qui comporte la présente Scandinavie et les Plaines russes. Les autres terrains qui se sont accrus à la CEE étaient principalement à l’origine du paléo-continent Gondwana, au large de ce qui est aujourd'hui l'Afrique du nord-ouest et le Venezuela.

L'Europe actuelle contient également une partie historique de l’Amérique du Nord qui a appartenu avant à Laurentia. Ce sont des roches cristallines de fondation qui se trouvent maintenant sous l'Ecosse et l'Irlande du Nord. On peut indiquer que la diversité culturelle, nationale et linguistique européenne d'aujourd'hui a son équivalent dans la diversité d'origine, de l'âge et de la structure de ses bases géologiques. Quand l'Europe a pris sa forme il y a 280 millions d’années, le monde ne ressemblait pas à celui d’aujourd’hui. Quelques continents étaient toujours à la recherche de leur endroit, comme on peut voir sur la carte ci-dessous.


Avalonia, la base tectonique «natale» de Poméranie, était née beaucoup plus tôt, environ il y a 600 millions d’années, en conséquence de la subduction de la plaque océanique sous la plaque continentale de Gondwana. À la différence de la Baltica et de l'Avalonia, cependant, Gondwana a eu une bande large de son plateau continental submergé dans l’océan sous lequel, à une distance des centaines de kilomètres du rivage, la plaque océanique s’est enfoncée. Par conséquent, au lieu d'une formation de montagnes sur la terre, ce qui a lieu normalement dans une zone de subduction, un arc volcanique a été formé en mer peu profonde sur le plateau de Gondwana. Le nom d'Avalonia dérive du nom d'une péninsule actuelle à Terre-Neuve, l'île qui, comme nous avons parlé avant, partage la même base tectonique également avec la Poméranie.

Tandis qu'Avalonia s'approchait de Baltica et la plaque océanique s’enfonçait sous les deux plaques continentales, la partie d'Avalonia poméranienne, submergée jusqu'ici en mer, a commencé à monter le long de la zone de subduction, jusqu'à ce qu'elle ait émergé complètement à la fin de l'étape suturante.  La carte ci-dessous représente une esquisse de terres européennes d'il y a 425 millions années. La délimitation de l'orogenèse calédonienne (ligne jaune) n'est pas, cependant, assez précise. Elle ne reflète pas ce que la Poméranie a été également soumis à la formation de montagnes.

 
L'orogenèse calédonienne qui a suivi en raison de cette collision, a formé il y a environ  420 million années une chaîne de montagnes en Poméranie, qui a courue le long de la zone de suture avec Baltica, du nord-ouest au sud-est. Les montagnes ont été alors soumises à l'érosion pendant 40 millions d'années à venir. Des chutes de pluie ont crée un système de fleuves qui ont transporté des sédiments de roche dans des vallées et des lacs et par la suite à la mer. Le paysage de Poméranie dans le silurien pouvait ressembler à celui représenté ci-dessous.


Après que Baltica et Avalonia ont absorbé la collision, il y avait une énorme quantité d'énergie cinétique accumulée des deux côtés de la zone de suture. Cela se produit en raison de certaine élasticité des roches lithosphériques et de la plasticité de l'asthénosphère qui porte les plaques tectoniques instables. Les forces répulsives contenues dans les continents après la collision, agissent de la manière semblable à l’inversion dite en équilibre isostatique, par une plaque tectonique qui a été soumise plus tôt à un grand poids de l'islandsis. Dans mon deuxième feuilleton j'ai donné un exemple de la Scandinavie qui se soulève par la suite de l'libération du dépôt énorme du glacier. Telle était la raison d'un certain "rebond" d'Avalonia et de Baltica au Dévonien, il y a environ 400 millions d’années.

Le processus n'était pas assez fort pour séparer encore les plaques, mais il a rendu la croûte terrestre entre elles plus mince. Par conséquent, la terre a commencé à s'abaisser dans la zone de suture et former un vaste bassin, qui s’étendait des Montagnes de la Sainte-Croix, en passant par la Poméranie, l'Allemagne et la Hollande jusqu'à l'Angleterre. Le bassin a été graduellement rempli d'eau de mer. En périphérie sud-est du bassin, dans la localité actuélle de Zachelmie près de Kielce (Pologne), les scientifiques ont trouvé récemment les empreintes de tétrapode les anciennes du monde, d‘il y a 395 millions d’années. Au cours de 80 millions d'années ultérieures le bassin a été soumis à la sédimentation extensive par des dépôts venants des terrains voisins érodant et des restes calcaires de la faune marine.

L'orogenèse dite Hercynienne a suivi l’orogenèse Calédonienne. Elle était provoquée par des terrains partant de Gondwana et adhérant du sud du continent européen «en construction». Dans une période d'environ 400 à 300 millions d'années, les anciennes terres d'Avalonie étaient sous la pression des jeunes blocs tectoniques arrivants du Sud. Les blocs formés en bandes longitudinales joignaient successivement la partie émergée du continent. La mosaïque des terres européennes de 350 millions d'années, ressemblait plus ou moins, à celle qu'il est reproduite ci-dessous. Notez s'il vous plaît qu'à cette époque l'équateur était encore au nord de la Pologne, indiquée ici en rouge.


La partie d'Avalonie poméranienne est devenue un foyer des plus grandes éruptions volcaniques et magmatiques sur le continent européen. Le volcanisme européen a atteint son point culminant dans la période Permienne, il y a environ 290 millions d’années. L’épicentre se trouvait sous les terrains actuels entre les villes de Neubrandenburg et Anklam. Le magma chaud, les cendres, les roches et les gaz toxiques éclataient des nombreux volcans et ruptures de croûte terrestre et couvraient la zone centrale du bassin central-européen.

Le bassin de l'Europe centrale qui est apparu au Dévonien a été formé à l'orogenèse Hercynienne au Carbonifère et au Permien. Les montagnes et les hautes terres environnantes ont finalement coupé le lien du bassin marin avec les océans. Le bassin s'est transformé en mer grande et fermée, similaire à la mer Caspienne de nos jours. Il a été nommé le Bassin permien méridional, parce qu’il était rempli avec des sédiments au Permien et puis après il est devenu si peu profond que les eaux de mer ont en grande partie évaporé et ont laissé d'immenses strates des roches salines. Les limites et l'épaisseur des sédiments permiens du bassin ont été tracées par M. Mark Geluk, un scientifique de l'Institut néerlandais des recherches géologiques appliqués TNO. Grâce à lui, la carte ci-dessous a pu être reproduite de son site Web intéressant. La couleur blanche représente des terrains situés au-dessus du bassin, tandis que pour les secteurs en gris aucune information suffisante n'est disponible.


La carte démontre l'épaisseur de sédiment de la roche appelée Rotliegend, consistant principalement en grès (souvent de couleur rouge) et en conglomérats, débris et roches détritiques d'origine volcanique, venant des terrains entourant le bassin. Nous pouvons, avec une certaine approximation, considérer des isopachs (les lignes montrant une épaisseur de sédiment) comme des courbes également indiquant la forme et l'altitude relative de terrain ou bien, le cas échéant, le profondeur du bassin.

Au nord-est du secteur, où se trouvent les couches de sédiment les plus épaisses, situées dans la partie allemande du bassin, j'ai marqué le centre de la plus grande activité volcanique de l’histoire de l’Europe. J'ai également indiqué l'endroit de bas-fond au sud-est du bassin, où vécu le plus ancien tétrapode au monde découvert à ce jour. À la fin du Permien qui a connu la plus grande extinction de masse de la faune et de la flore dans l'histoire de la terre, l'ère de Paléozoïque était terminée. Le Mésozoïque est venu sur la scène, l'ère d'un climat chaud et de l'expansion abondante de la vie sur la terre.

jeudi 24 décembre 2009

mardi 24 novembre 2009

LA TERRE MASOVIENNE DANS LES MERS MÉRIDIONALES

Puisque nous savons déjà que notre Michelinocéras (veuillez voir l'article "Un voyage dans le passé lointain") nagea quelque part entre la Poméranie et Scandinavie, essayons-nous de préciser l'endroit où dans la période d'il y a 460 à 420 millions d'années il y avait une mer peu profonde et tiède où ces créatures vivaient habituellement. Et nous ne voudrions certainement pas dire la mer Baltique, car celle-ci est une des plus jeunes mers sur la planète, ayant été formée il y douze mille années à peine. Nous ne considérons pas le fait qu'au lieu de la mer Baltique actuelle, après la fin de chaque âge glaciaire, d'immenses lacs de l'eau douce apparaissaient, en raison du glacier fondu. La dernière période lorsque un tel lac éphémère s'est produit était il y a 14 à 11 mille ans.

Tout d'abord, nous devrions dire que la croûte terrestre a été dans le mouvement constant pendant toute son histoire. Les plaques tectoniques, qui portent des continents, agissent l'un sur l'autre et se déplacent ensemble, en raison de la circulation de magma à l'intérieur de la terre. Le magma sort sur la surface de la lithosphère dans les zones dites de rift. Le schéma suivant, tiré du blog intéressant "Tour tectonique«  reflète bien le processus de division de la croûte continentale et l'éloignement des deux continents.

La configuration contemporaine des océans et des continents dure « à peine » depuis 15 millions d'années, mais elle se modifie lentement et constamment. Par exemple, l'Amérique du Nord s'éloigne de l'Europe au rythme annuel de 2.5 cm, et la croûte sous la terre massovienne baisse de 1 millimètre chaque année, tandis que de l'autre côté de la mer Baltique, dans la Scanie suédoise, elle se lève de 1.5 millimètre par an. De la perspective d'une durée de vie humaine un changement annuel d'un millimètre de mouvement de terrain n’est pas perceptible.

De même, de la perspective du temps de la terre, la période de 60.000 ans est comme un instant. Une telle période serait nécessaire pour que la mer Baltique vienne au seuil de la ville de Massovie. En fait, cela pourrait se produire encore plus tôt, si on considère le réchauffement global de la planète et par conséquent, une élévation du niveau d'eau dans les océans. Peut-être que la perspective d'une période d'une génération à laquelle l'homme limite habituellement ses réflexions sur les conséquences de ses actions, empêche notre prise de conscience du fait que nous pouvons provoquer l'accélération de certains processus sur terre qui à l'avenir qui pourraient être nuisibles à la vie humaine ou à la vie en général. Il se pourrait aussi que la raison soit du côté des sceptiques qui disent que les forces de la nature sont trop puissantes pour que l'action humaine puisse avoir une signification importante, et que la terre évoluerait en conséquence des forces de la nature, indépendamment de l'activité humaine. Revenons à l'histoire de la terre, sur l'exemple de la terre massovienne, et du lieu et la période de la naissance de notre céphalopode.
 

Jettons un coup d'œil sur la carte du monde ci-dessus de la période d'Ordovicien, lorsque l'ordre d'Orthocerida s'est séparé des céphalopodes plus anciens, probablement de la famille des Baltoceratidae. On peut voir que les contours des continents et des océans étaient très différentes de ceux de nos jours. Tous les terres dans cette période n'étaient rien que de roches nues, des sables et des boues, avec une certaine configuration des fleuves et de lacs arides. Il y avait les premiers signes de vie - des mousses, apparaissant de-ci de-là, au bord de s eaux douces et saumâtres. Tous les animaux continuaient à vivre dans les mers, et le premier poisson osseux (Osteichthyes) était alors la créature plus haute développée sur la terre. Il y avait dans l'Ordovicien un super-continent appelé Gondwana (qui combinait l'Afrique, l’Europe du Sud, l'Amérique du Sud, l'Australie, l'Inde et l'Antarctique actuelles), et des continents plus petits: Laurentia (l'Amérique du Nord et le Groenland actuels), Baltica (la Scandinavie, des parties nord de Plaines russe et polonaise), la Sibérie, Avalonia et des autres plaques tectoniques.

Nous sommes particulièrement intéressés par Avalonia, parce que beaucoup de faits indiquent que la plupart de la Poméranie actuelle se repose sur l'ancienne plaque d'Avalonia. La terre massovienne, submergée dans la mer, et localisée non lointain du Pôle du sud, a été marquée sur la carte par un point rouge. On peut supposer qu'à de telles latitudes géographiques les Orthoceridas ne jouiraient pas de conditions de vie optimales, à cause des eaux froides, du soleil rare et aussi du plancton (le menu primaire des créatures de plateau océanique) pas abondant. La Baltica, située plus au nord, donc plus proche de l'équateur, semblerait d’être un endroit plus habitable à notre Michelinocéras. L'hypothèse des savants qu'il aurait provenu de la Scandinavie pourrait également être soutenue par le fait que à ce temps-là Baltica et Avalonia restaient séparés par le fond de la mer de deux ou trois kilomètres, qui ne pourrait pas être traversé par un animal qui vivait dans les eaux de moins de 200 mètres, de profondeur, de plus qu’il n’était pas un très bon nageur. Son lieu de naissance hypothétique j'ai marqué sur la carte du monde ci-dessus par un point vert (je reviendrai sur se thème).

Dans le Silurien (le diagramme vient de Wiki), il y a environ 440 millions d'années, Avalonia « rattrappa » Baltica, se joignit à elle et forma une base commune de la plaque continentale qui avait lié Poméranie avec la Scandinavie et la partie nord-est de la Pologne. L'attachement des deux paléo-continents a été suivie dans la même période silurienne par la collision de Laurentia avec Baltica, et quelque temps plus tard, avec Avalonia. Un nouveau super-continent était né, appelé Laurussia, qui s'étendait des montagnes d'Oural d'aujourd'hui jusqu'aux montagnes Rocheuses (les deux cordillères ont été formées beaucoup plus tard).

Veuillez attirer l'attention sur le fait que le craton d'Avalonia (une partie de la plaque continentale récemment formée), indépendamment de la Poméranie sur son bout oriental, a également comporté les actuels Basse-Saxe, le Bénélux, l'Angleterre, l'Irlande méridionale, la Terre-Neuve canadienne et l'état américain de Massachusetts ! Toutes ces terres ont une base commune de roche provenant de l'Ordovicien et de Silurien. On parle de la couche la plus profonde de la croûte terrestre qui par exemple sous la terre massovienne atteint la profondeur de 35 kilomètres. La croûte océanique est beaucoup plus mince, normalement environ 5-7 km d'épaisseur. La convection mantellique dite, ou une circulation lente de la chaleur de la Terre à partir de son centre à la surface, casse croûte terrestre dans ses couches océaniques minces. Le magma libéré du manteau forme des dorsales, ce qui est bien dépeints par l'animation ci-dessous.


Le processus continu de la libération de magma le long des rides médio-océaniques, qui est une plaque tectonique, pousse les assiettes, de sorte qu'ils se déplacent sous une autre plaque tectonique de la zone de subduction dite. C'est la façon dont les continents "promener" sur la surface de l'asthénosphère, la partie supérieure du manteau de la Terre. Voici un schéma intéressant illustrant les forces qui rendent les continents en mouvement, publié sur le site de SMSTsunami Warning.

 
La croûte voisine avec une partie plus froide (environ +700°c) du manteau terrestre, qui atteint la profondeur d'environ 100 km. Et plus, en-dessous il y a ce qu'on appelle l'asthénosphère, qui se compose de magma semi-liquide de la température atteignant +1.600°C. On ne descendra pas plus bas… Avec l'écoulement du temps (mesuré en millions d'années) les roches plus anciennes ont été successivement couvertes par les couches de sédimentation plus jeunes, conformément aux périodes géologiques suivantes. On en parlera dans le prochain feuilleton.

Connaissant déjà du premier article Un voyage dans le passé profond») que le  Michelinoceras «massovien" vécut dans la période 440-420 millions d'années, revenons à la question de la localisation géographique de son existence. Après avoir étudié l'histoire naturelle de la partie poméranienne du continent, on peut supposer que cette créature vivait dans le voisinage de ce qu'il aujourd'hui est l'île suèdoise Gotland. Le dernier glacier de la période Würm a pris la coquille fossilisée de l'orthocératidé  à partir de là et posé sur le sol massovien il y'a quinze mille ans. Sur la carte provenant du papier de Trond H. Torsvik and L. Robin M. Cocks "Norway in space and time: A Centennial cavalcade" au Norwegian Journal of Geology No. 85 de l'année 2005, j'ai dessiné avec la couleur jaune de la route de transfer du fossile de l'île de Gotland en Poméranie. Je me suis permis d'ajuster légèrement le cours de la crête orientale d'Avalonie.
 

Comme vous pouvez le voir sur la carte, la zone autour de Gotland avant de 425 millions d'années, a été recouverte d'eaux peu profondes de la mer subéquatoriale, dans laquelle il y avait un intensive développement des récifs coralliens ("biohermes"). La distance parcourue par le Michelinoceras est quand même impressionnant! Bien qu'apparu dans les eaux de la plaque du nouveau-né paléocontinent Laurussie, aussi appelé Euramérique, dans le voisinage de la terre future de Poméranie (alors encore plongé dans l'océan), la créature vivait dans l'hémisphère sud.

Ses restes ont fait un voyage sur le globe de la latitude géographique d'environ 15 degrés Sud, jusqu'au parallèle d'environ 58 degrés Nord. Cela donne la distance en ligne droite de quelques 8.000 km. En fait, la route passée était beaucoup plus longue, parce que la plaque continentale vers le Nord a parcouru une sorte de "défile". Le dernier tronçon de 500 km le fossile a passé à l'intérieur du glacier, pour être finalement déposé sur le sol de Poméranie.

Tout aussi impressionnant est le voyage du Michelinoceras à travers le temps. Il est né et a vécu environ il y a 430 millions d'années. Ses restes ont été piégés dans la couche de sédiments calcaires du Silurien scandinave. Le morceau de roche de la couche originale a été prise par le glacier il y a 27.000 ans environ sur sa route vers le sud, vers la Pologne actuelle. Il a été gardé encore douze mille ans dans le corps glacial, jusqu'à ce qu'il a été libéré il y a quinze mille ans sur la terre massovienne pendant la phase de recul du glacier.

dimanche 1 novembre 2009

UN VOYAGE DANS LE PASSÉ LOINTAIN

Comment peut-on commencer un blog historique autrement que par le début ? Si nous prenons l'histoire dans son sens le plus large, qui couvre tous les événements du temps passé, une certaine difficulté apparaît pour établir « le début » avant lequel il n'y avait rien ce fut et rien ne s'est produit. Pour les historiens « réguliers » la tâche est relativement facile : le début ce fut, quand un être humain a utilisé un outil pour la première fois, il y a quelques deux et demi de million d'années. Pour les historiens traitant du sujet de Poméranie, leur intérêt ne dépasse pas habituellement la dernière déglaciation de la région il y a quatorze mille ans.

Si nous pourrions comprimer 4.5 milliards d'années de l'histoire entière de la terre en une année, un millénaire d'histoire d'un état durerait seulement sept secondes, tandis que la présence humaine en Poméranie, après la dernière déglaciation, se fermerait en une minute et demie. Et que diriez-vous du « reste de l'année » ? Que s'est produit en terre masovienne « il y a une heure, une semaine ou un mois » ? Ou, en temps réel, il y a environ un demi-million, 100 millions ou un demi-milliard d'années?

Pour les amateurs de l'histoire, et de l'histoire naturelle en particulier, je propose dans des mes feuilletons à venir un voyage dans le temps,… au fond de la terre massovienne. Que la photo ci-jointe a côté d'un fossile provenant de la terre de Massovie en soit pour une bonne raison. Elle représente une créature qui a vécu il y a quelques centaines millions d'années.

C'était sujet d'un examen effectué par des paléontologues du Musée de l'histoire naturelle au Luxembourg. M. Robert Weis et M. Dirk Fuchs ont établi que c'était un phragmocone de l'ordre de céphalopodes d'Orthocerida. Il pourrait avoir vécu dans la période géologique dite permienne ou environ 250-300 millions d'années et il a probablement été transporté de Scandinavie en Poméranie par le dernier glacier. Le genre a existé sur terre de l'Ordovicien jusqu'au Trias ou dans la période d'il y a de 490 à 200 millions d'années. M. Harry Mutvei du Naturhistoriska Riksmuseet de Stockholm a exprimé l'opinion, bien qu'après avoir vu les photos seulement, que c'était un Orthoceras provenant probablement du calcaire rouge suédois, datant de l'Ordovicien inférieur ou moyen, donc d'il y a d'environ 460 millions d'années.

Veuillez voir aussi l'ouvrage intéressant intitulé "The Ordovician Orthoceratite Limestone and the Blommiga Bladet hardground complex at Horns Udde, Öland", publié par Magnus Eriksson en 2010. L'écosystème ordovicien où les orthocératites ont vécu pourrait ressembler comme il est représenté ci-dessous.


M. Jerzy Dzik de l'Institut de Paléobiologie de l'Académie Polonaise des Sciences à Varsovie, qui a examiné les fossiles d'Orthocerida contenus dans les rochers erratiques en Pologne nordique, a confirmé qu'il s'agit de l'ordre d'Orthocerida qui, cependant, aurait appartenu au genre de Michelinoceras. Le fossile a été couvert de concrécations de calcaire de la période silurienne, donc à peu près 420 millions d'années.

Je parle de la période de création du continent européen dans les postes suivants: «La Terre Massovienne dans les mers méridionales» et «Des origines turbulentes du continent européen". Permettez-moi de présenter ici juste la carte de T. H.  Torsvik et de E. F. Rehnström de la publication "The Tornquist Sea and Baltica - Avalonia docking" (2000). La carte démontre le «moment» du fusionnement d'Avalonia et de la Baltica et le début du processus de l'échange de la faune entre les deux pré-continents.


Environ 160 espèces de Michelinoceras ont été jusqu'ici identifiées et classifiées partout dans le monde. Je me demande, à quelle espèce serait assignée le fossile massovien ou, peut-être, constituerait-il une nouvelle espèce, inconnue jusqu'ici?













La famille éteint Orthoceratidae appartenait à une sous-classe de céphalopodes appelée Nautiloidea dont ont seulement survécu, toute la vie dans les eaux Pacifiques, environ une douzaine d'espèces, hors de quelques milliers d'espèces qui ont été identifiées dans les fossiles partout dans le monde. Le sujet de Nautiloids est traité d'une manière très intéressante dans le site Web « Nautiloids : The First Cephalopods », d'où vient l'image à côté.

Ces animaux ont vécu dans la zone dite néritique du plateau continental, c'est-à-dire dans les eaux peu profondes d'une profondeur ne dépassant pas 200 mètres. Ils étaient des prédateurs qui se nourrissaient des poissons primaires, comme par exemple les sarcoptérygiens, et d'autres petits animaux. Bien que le commentaire dans le film qui suit soit en chinois, et que les poissons présentés ressemblent plutôt des espèces contemporaines,  permettez-moi de joindre cette animation qui reproduit de façon intéressante la vie Ordovicien des orthoceratidés


De telles eaux mieux sont oxygénées que ceux dans un océan profond, la plupart du temps parce que la lumière du soleil les pénètre jusqu'à la terre, de ce fait facilitant ce qu'on appelle photosynthèse qui fournit alternativement l'énergie pour développer le phytoplancton, la base de la vie aquatique et l'aliment principal des animaux qui sont plus tard apparus dans le processus d'évolution. La vie sur terre est juste apparue dans les mers peu profondes, et quand notre Michelinoceras été né, la vie palpitait principalement là…

Je vous invite pour les prochains feuilletons, où nous suivrons le voyage que notre céphalopode et le terre masovienne ont débarqués dans l'espace géographique et dans le temps jusqu'à aujourd'hui.